Comment se fixer des objectifs sportifs en début d’année?

Chaque début d’année vient avec son lot de résolutions sportives. Si l’enthousiasme est au summum en janvier, la motivation peut s’effriter au fil des mois. Comment établir des objectifs à la fois ambitieux et réalistes pour nous aider à carburer? Comment ajuster le plan de match quand tout ne se déroule pas exactement comme prévu? Entraîneur certifié en course à pied connu sous le nom de @coachsenneville et athlète Krono Nutrition, Marc-Antoine Senneville nous partage quelques-uns de ses trucs pour trouver l’équilibre dans cette quête de dépassement. 

Crédits photos : Tjerk Bartlema

De grands objectifs… et de plus petits

En préparant son année sportive, une erreur fréquente consiste à se concentrer uniquement sur le résultat final : un chrono, une distance, une course cible. Le coach en course à pied Marc-Antoine Senneville conseille plutôt de se fixer un ou plusieurs objectifs principaux, sans toutefois négliger d’identifier les différents jalons qui y mèneront. 

Par exemple, un coureur d’endurance peut caresser le rêve de courir un marathon sous la barre des 4 heures. « À cet objectif central, il faudrait greffer des objectifs intermédiaires ou de processus », explique l’entraîneur. Améliorer son temps sur des distances plus courtes, atteindre une allure cible, corriger un aspect technique de sa foulée, etc. 

Ces objectifs secondaires deviennent des leviers de progression et permettent d’arriver mieux préparé au grand rendez-vous. « Quand on se concentre sur le processus, l’objectif principal finit souvent par se réaliser de lui-même. Ça réduit énormément l’anxiété de performance. »

Crédits photos : Tjerk Bartlema

 Le défi : garder l’élan toute l’année   

L’élan du début d’année ne dure pas éternellement. Quand l’objectif principal est encore loin, la motivation peut flancher. C’est là que les objectifs intermédiaires et de processus deviennent essentiels. 

« Ils offrent des repères à court terme et permettent de mesurer les progrès autrement que par une seule course inscrite au calendrier », observe le coach et quadruple champion québécois au demi-marathon.

 Voir au-delà de la course

La course à pied ne se résume pas à accumuler des kilomètres. Pour progresser, les coureurs et coureuses gagnent à élargir leur terrain de jeu. La pratique d’autres disciplines, comme le vélo, la natation ou le yoga, aide à bâtir la puissance aérobie, la mobilité et l’endurance musculaire nécessaires pour mieux performer. Il est donc utile de se fixer des buts liés à la préparation physique, croit Marc-Antoine Senneville. 

« Ce sont souvent des buts très concrets : deux ou trois séances de renforcement par semaine, par exemple. À long terme, ça se traduit par une meilleure efficacité de course et moins de blessures. »

Est-ce OK de ne pas viser de podium?

Les objectifs, c’est aussi bon pour ceux et celles qui courent d’abord pour le plaisir, la santé ou le bien-être. « Tout le monde n’a pas envie de courir plus vite », souligne l’entraîneur.

« Pour certaines personnes, l’objectif est simplement de courir régulièrement, de se sentir mieux mentalement ou de bouger toute l’année. Ce sont des objectifs tout aussi valides. »

Assiduité à l’entraînement, qualité des séances, récupération, préparation physique : autant d’éléments sur lesquels les athlètes peuvent miser, sans viser la performance.

Ajuster son plan en cours de route 

En cours d’année, plusieurs obstacles peuvent mettre en péril l’atteinte des objectifs fixés. Une blessure, une période de fatigue, des imprévus professionnels ou personnels… Pour une pratique durable de la course à pied, il faut savoir conjuguer nos ambitions sportives et la réalité du corps et du quotidien. 

Parfois, les embûches se présentent le jour J, sur le parcours! C’est pourquoi, à l’approche d’une compétition, Marc-Antoine Senneville recommande aux athlètes qu’il entraîne de se fixer plusieurs objectifs concurrents. Par exemple : 

  • Objectif A : réussir la distance en X minutes
  • Objectif B : terminer l’épreuve 
  • Objectif C : se présenter au fil d’arrivée sans blessure et bien préparé

Cette méthode préserve la motivation et le désir d’avancer, même si les choses ne se passent pas comme prévu. En bout de piste, s’adapter, ralentir, revoir un objectif, c’est souvent ce qui permet de rester en santé et en mouvement. 

Crédits photos : Tjerk Bartlema